Voici un petit quiz pour déterminer si vous êtes touché(e) par ce syndrome.
Pour chaque affirmation, notez si elle vous correspond souvent, parfois ou rarement :
- Je me sens coupable quand je prends du temps pour me reposer ;
- Je compare régulièrement mes réussites à celles des autres ;
- J’ai du mal à apprécier ce que j’ai déjà accompli avant de passer à l’objectif suivant ;
- Je ressens une anxiété quand je n’ai pas mon téléphone à portée de main ;
- Même après une journée productive, j’ai l’impression que j’aurais pu en faire plus ;
- J’ai tendance à accumuler des objets dont je n’ai pas vraiment besoin ;
- J’ai du mal à dire non aux sollicitations, par peur de manquer quelque chose ;
- Je sacrifie souvent mon sommeil pour être plus productif(ve).
Si vous avez répondu « souvent » à quatre questions ou plus, vous êtes probablement pris(e) dans la spirale du « jamais assez ».
Ce syndrome, qui touche tant de personnes dans notre société, est comme un poison qui s’infiltre lentement dans tous les aspects de votre vie.
Il vous fait croire que vous ne serez jamais assez productifs, jamais assez beaux, jamais assez riches, jamais assez intelligents…
Jamais assez, tout simplement.
La société du toujours plus… toujours mieux ?
Notre monde moderne est construit sur cette idée que plus est toujours mieux.
Plus de travail, plus d’argent, plus de possessions, plus de relations, plus d’expériences.
Les réseaux sociaux vous bombardent d’images de vies « parfaites » où tout semble plus beau, plus réussi, plus enviable que la nôtre.
La publicité vous répète sans cesse que vous manquez de quelque chose d’essentiel que seul leur produit peut vous apporter.
Même les applications de productivité vous poussent à en faire toujours plus, à optimiser chaque minute de votre journée comme si le temps libre était un ennemi à combattre.
Je vous le demande franchement : où cela nous mène-t-il ?
À l’épuisement, au burn-out, à la dépression, au sentiment constant de ne jamais être à la hauteur.
Selon une étude récente de l’Organisation Mondiale de la Santé, plus de 264 millions de personnes souffrent de dépression dans le monde, et ce chiffre ne cesse d’augmenter.
Est-ce vraiment la vie que vous souhaitez ?
Le Lagom : une philosophie ancienne pour notre monde moderne
Au pays où les gens sont constamment classés parmi les plus heureux au monde, une philosophie ancestrale offre un contrepoids puissant à notre obsession collective du « toujours plus ».
Cette philosophie s’appelle le Lagom.
Le Lagom est un concept suédois qui pourrait se traduire par « ni trop, ni trop peu, juste ce qu’il faut ».
C’est l’art de la juste mesure, de l’équilibre parfait entre trop et pas assez.
Ce n’est pas une coïncidence si les pays nordiques sont régulièrement en tête du World Happiness Report.
Ils ont compris depuis longtemps que le bonheur ne réside pas dans l’accumulation, mais dans l’appréciation de ce qui est « juste assez »…
Et si, au lieu de courir sans cesse après plus, vous appreniez à reconnaître quand vous avez atteint ce « juste assez » ?
Le Dr Robert Waldinger, directeur de la Harvard Study of Adult Development (la plus longue étude sur le bonheur jamais réalisée), a conclu après des décennies de recherche que ce ne sont pas la richesse ou la célébrité qui nous rendent heureux, mais la qualité de nos relations et l’équilibre dans notre vie.
Mais aussi, selon une étude de la Princeton University, notre cerveau commence à être submergé et moins efficace au-delà d’un certain niveau de stimulation.
Trop d’options, trop d’informations, trop de possibilités paralysent notre capacité à prendre des décisions et à ressentir de la satisfaction.
Le Lagom ne nous demande pas de renoncer à tout, Niki Brantmark, auteure du best-seller « Lagom: The Swedish Art of Balanced Living » (vendu à plus de 100 000 exemplaires et traduit en 18 langues), explique que le Lagom n’est pas une privation, mais une libération.
C’est se débarrasser du superflu pour faire de la place à l’essentiel.
N’est-ce pas exactement ce dont vous avez besoin en ce moment ?
Alors,
Comment intégrer le Lagom dans votre quotidien ?
Le Lagom n’est pas une méthode rigide à suivre à la lettre.
C’est plutôt un état d’esprit, une façon de voir la vie qui peut s’adapter à votre réalité.
Voici quelques pistes simples pour commencer à l’intégrer dans votre quotidien.
Votre environnement influence profondément votre état d’esprit.
Un espace encombré crée un esprit encombré.
- Débarrassez-vous d’une chose chaque jour pendant une semaine. Ce n’est pas aussi radical que le minimalisme extrême, mais cela vous aide à réfléchir à ce dont vous avez vraiment besoin ;
- Privilégiez la lumière naturelle. Les Suédois sont connus pour leur amour de la lumière, surtout dans un pays où les hivers sont longs et sombres. Arrangez votre espace pour maximiser la lumière naturelle ;
- Choisissez la qualité plutôt que la quantité. Avant d’acheter quelque chose, demandez-vous : « est-ce que j’en ai vraiment besoin ? Est-ce que ça va durer ? » Un objet bien conçu et durable vaut mieux que dix objets médiocres.
Votre rythme de vie est aussi important.
Notre société glorifie la vitesse et l’hyperactivité, mais notre corps et notre esprit ont besoin de pauses.
- Instaurez une pause sans écran chaque jour. Même 30 minutes peuvent faire une énorme différence. Utilisez ce temps pour lire, méditer, ou simplement ne rien faire ;
- Adoptez la règle des 80% pour les repas. Les Suédois s’arrêtent de manger quand ils sont satisfaits à 80%, pas quand ils sont complètement pleins. Cela favorise une meilleure digestion et une relation plus saine avec la nourriture ;
- Fixez une heure de fin de journée. Décidez d’une heure après laquelle vous ne vérifierez plus vos emails professionnels et ne travaillerez plus. Respectez cette limite comme un rendez-vous important avec vous-même.
Pour vos relations c’est pareil… La qualité prime sur la quantité :
- Pratiquez l’écoute active. Au lieu de penser à ce que vous allez dire ensuite, écoutez vraiment ce que l’autre personne exprime ;
- Évitez les extrêmes émotionnels dans vos interactions. En Suède, les conflits sont généralement résolus calmement, sans éclats de voix ni drames ;
- Choisissez des mots simples et sincères. Le Lagom privilégie l’authenticité à l’exagération. Un simple « merci » sincère vaut mieux qu’une effusion excessive qui ne reflète pas vos véritables sentiments.
Et enfin, peut-être un des plus difficiles aujourd’hui, votre consommation mentale.
Nous consommons autant d’informations et de divertissements que de nourriture, voire plus. Et comme pour l’alimentation, la qualité et la quantité comptent :
- Limitez les contenus qui vous stimulent sans vous nourrir. Le scrolling sans fin sur les réseaux sociaux vous donne l’illusion d’être occupés sans vous apporter de réelle satisfaction ;
- Revenez à des plaisirs simples. Une promenade dans la nature, la lecture d’un bon livre, déguster une tasse de thé en pleine conscience… Ces activités simples peuvent procurer une joie profonde ;
- Acceptez l’ennui occasionnel. C’est dans ces moments que naissent souvent la créativité et l’introspection.
Pour vous aider à intégrer cette philosophie dans votre vie, je vous propose un exercice simple
Le journal de la “suffisance” : un outil puissant
Chaque soir, avant de vous coucher, prenez quelques minutes pour noter trois choses qui étaient « juste assez » dans votre journée et qui vous ont apporté de la satisfaction.
Par exemple :
- Aujourd’hui, j’ai pris un café avec une amie. Cette conversation de 45 minutes était juste ce qu’il me fallait pour me sentir connectée ;
- J’ai travaillé efficacement pendant 4 heures ce matin, c’était suffisant pour avancer significativement sur mon projet sans m’épuiser ;
- J’ai passé 20 minutes à regarder par la fenêtre, sans faire quoi que ce soit. Ce moment de calme était exactement ce dont j’avais besoin.
Cet exercice vous aide à reconnaître que vous n’avez pas besoin d’en faire plus, d’avoir plus ou d’être plus pour être heureux(se).
Vous commencerez à identifier ce qui est « juste assez » pour vous, dans différentes situations.
Et avec le temps, vous remarquerez que votre définition du « juste assez » s’affine, vous permettant de vivre plus pleinement avec moins d’effort.
J’aimerais terminer cette lettre par une réflexion qui m’a profondément touchée…
Et si le bonheur, c’était juste… assez ?
Le bonheur ne vient pas toujours de ce que l’on ajoute à notre vie, mais souvent de ce que l’on choisit d’en retirer avec amour.
Chaque « non » que nous disons à ce qui ne nous sert pas est un « oui » à ce qui compte vraiment.
Peut-être que la vraie richesse n’est pas d’avoir tout ce que l’on désire, mais de désirer ce que l’on a déjà.
Alors je vous pose cette question : et si, aujourd’hui, vous vous permettiez de croire que vous êtes déjà assez ?
Que vous en faites déjà assez ?
Que vous avez déjà assez ?
Comment cette simple permission pourrait-elle transformer votre vie ?
N’hésitez pas à partager vos réflexions en commentaire.
Je serais ravie de lire vos expériences avec le Lagom ou vos questions sur cette philosophie.
À bientôt pour une nouvelle exploration de nos richesses intérieures,